Eric Gillard



Chantal MAZUY

APPROCHE DE MON TRAVAIL SUR LES RUINES
J’ai toujours aimé les ruines antiques pour leur aspect désordonné, forgé au cours du temps par le hasard des abandons des hommes, des catastrophes naturelles et, pire outrage, des conflits et des guerres. Ces édifices si soigneusement ordonnés et créés par l’homme se retrouvent des siècles plus tard remodelés, transformés selon le hasard que leur a réservé le temps.
Les artistes aussi réalisent parfois des œuvres où le hasard intervient de manière plus ou moins heureuse selon le moment, dans le cas des ruines, l’artiste est bien souvent le temps.
Je me suis alors intéressée à des ruines plus actuelles souvent dues aux conflits armés comme au Liban ou en Syrie. Le hasard des coups a aussi recréé de nouvelles formes mêlant la solidité des murs encore debout avec les gravats déposés ça et là selon les impacts des coups.
Puis, voilà un quartier de Charleroi en ruines et ici aussi le hasard des démolitions a créé de nouvelles formes. Les ouvriers, par le maniement de la grue ou des marteaux-piqueurs ont créé sans le vouloir de nouvelles formes éphémères qui sont ici l’espoir d’un renouveau attendu.
Certains ont sans doute photographié ces ruines et en donneront une vision réaliste très intéressante, j’ai eu envie de n’en prendre qu’une vision furtive en couchant sur le papier des éléments, des détails en une impression brumeuse. J’ai figé ces moments transitoires, en attente et destinés à disparaître.
Pour cela, j’ai utilisé le fusain (noir, symbole du pays Noir) gommé, rehaussé de craie blanche, le papier participe également en étant griffé, égratigné pour rappeler les griffes des agressions. Enfin, le rouge participe à donner la vie et l’énergie de l’espoir et de la renaissance.

chantal-mazuy.eu  |  contact@chantal-mazuy.eu